Dialectics of Nature and Ecology : the Debate in Post-War French Philosophy

Alexandre Feron
  alexandre.feron@mailoo.org
  

Abstract

The object of my presentation is to see to what extend the idea of a dialectics of nature can be useful for a Marxist perspective on ecology. Firstly I will propose a critical approach of the way a large part of “Western Marxism” refused the existence of a dialectics of nature. I will focus more particularly on the debate which took place in France in the Post-war period between figures like Kojève, Sartre, Merleau-Ponty or Tran Duc Thao. By establishing an absolute difference between nature (which follows a strict determinism) and society, where social determinisms are in part relativised by human agency, these thinkers where able to affirm the absolute value of Man against a stalinised Marxism. However, because of this absolute separation, it becomes difficult to understand the relation of Man with nature both in him and outside of him, and therefore to integrate ecological problems in a Marxist frame.
I will then come back to Engels’s project of elaborating a “dialectics of nature”. One of the most interesting aspects of his project is his will to articulate natural dialectics and social dialectics, in order to reach a better understanding not only of the articulation between nature et culture, but also of the complex relation between nature et society. Finally, I will see how Sartre and Merleau-Ponty’s, in their evolution, tend to reconsider the absolute separation that existential Marxist introduced between nature and society.

L’objet de mon intervention est d’essayer de voir dans quelle mesure l’idée d’une « dialectique de la nature » peut être utile pour une perspective marxiste en écologie. Je me propose en premier lieu de revenir de manière critique sur la manière dont une partie du « marxisme occidental » a refusé l’idée d’une « dialectique de nature » - je me concentrerait notamment sur le débat qui a eu lieu sur cette question dans l’après-guerre en France (et dont les figures importantes sont Kojève, Sartre, Merleau-Ponty, Trần Đức Thảo). En effet, en distinguant absolument deux domaines, d’une part la « nature » obéissant à un déterminisme strict (mis en lumière par les sciences de la nature) et d’autre part la sphère « humaine » ou « sociale », où l’influence sociale est relativisée par la possibilité d’une initiative humaine dans la praxis, le « marxisme occidental » parvenait à lutter contre le marxisme stalinisé en affirmant la valeur absolue de l’homme. Cependant, en posant ce dualisme ontologique, il affirmait en même temps la séparation absolue entre l’homme et la nature, de sorte qu’il devenait difficile comprendre les rapports de l’homme avec la nature en lui et hors de lui. Sur une telle base, il devient difficile d’intégrer les problèmes écologiques dans le cadre marxiste.
Je me propose ensuite de revenir sur le projet même d’une « dialectique de la nature » chez Engels. L’un des aspects les plus intéressants de sa démarche est sa volonté d’articuler la dialectique naturelle et la dialectique sociale, non seulement pour mieux comprendre l’articulation entre nature et culture, mais surtout pour saisir les relations complexes entre la société et la nature. Enfin, je reviendrai sur l’évolution ultérieure de Sartre et de Merleau-Ponty pour montrer qu’ils ont tous les deux, d’une manière assez différente, essayé de revenir sur la séparation absolue que l’existentialisme marxiste introduit entre la nature et la société.